Portraits - Cordes

Ophélie Gaillard le violoncelle en partage

Ophélie Gaillard
© Caroline Doutre Lauréate de la Victoire de la musique « Révélation instrumentale » en 2003, la violoncelliste Ophélie Gaillard fonde en 2005 son ensemble Pulcinella.
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Un spectacle au Théâtre du Ranelagh avec le danseur hip-hop Ibrahim Sissoko, deux concerts à la Cathédrale Saint-Louis des Invalides avec l’Ensemble Pulcinella : Ophélie Gaillard conjugue avec brio les arts de la scène.

Ophélie Gaillard s’est très tôt évadée des carcans pour s’ouvrir aux domaines les plus divers. Dotée d’une curiosité insatiable, cette artiste défend les répertoires les plus vastes dans une quête d’expériences plurielles. Au Théâtre du Ranelagh, elle propose actuellement un duo original et fascinant avec le danseur Ibrahim Sissoko : « Il s’agit de décloisonner les conventions avec humour et poésie. Le violoncelle parle comme un développement de mon propre corps. L’archet surligne le corps du danseur et je joue des extraits de musique classique, des improvisations, mais aussi des ballades africaines.

Je suis très engagée sur scène, mais bien sûr, je préserve mon Goffriller de 1737 pour le troquer contre un violoncelle chinois qui court moins de risque ! » Outre cette rencontre spirituelle et physique entre le classique et le hip-hop, Ophélie Gaillard revient à ses premières amours dans un programme napolitain le 1er avril à Saint-Louis des Invalides autour de compositeurs du XVIIIe siècle ayant vécu au pied du Vésuve : « J’interpréterai avec la Maîtrise de Radio France dirigée par Sofi Jeannin et mon Ensemble Pulcinella des oeuvres religieuses et somptueuses d’une grande tension dramatique écrites par Alessandro Scarlatti (le père de Domenico) et Porpora, ainsi que deux Concertos pour violoncelle de Fiorenza, des pages qui méritent d’être redécouvertes. »

Changement d’atmosphère le 14 avril autour d’un concert à dominante espagnole et sud-américaine : « Je présenterai mon album Alvorada enregistré pour Aparté, qui part de la Sonate de Gaspar Cassadó. qui recèle de nombreuses influences folkloriques. C’est une forme de carnet de voyage tissé par des artistes venus de plusieurs horizons rappelant l’esprit de cette Andalousie du Moyen âge si consensuelle, avec entre autres le bandonéoniste Juanjo Mosalini, la soprano Sabine Devieilhe, le guitariste Emmanuel Rossfelder et sept violoncellistes de la Haute École de Musique de Genève. »

Depuis 2014, Ophélie Gaillard enseigne en effet dans la ville de Rousseau : « L’activité de pédagogue m’a toujours beaucoup apporté. J’ai dû renoncer, pour des raisons d’agenda, à intervenir dans les écoles de la Seine-Saint-Denis, département où j’habite. Le poste que j’occupe à Genève constitue une grosse charge enthousiasmante, mais dévoreuse de temps. Mes attaches familiales suisses ont contribué à me rapprocher de cette ville où j’y retrouve des étudiants venus de pays très différents. » Ophélie Gaillard cite Lope de Vega, le grand dramaturge du Siècle d’Or espagnol : « La musique naît et se propage dans l’espace. » Pour cette artiste impliquée et accordée aux humeurs de notre planète, cette affirmation prend tout son sens.

Michel Le Naour