Portraits - Piano

Martin Helmchen le romantique

Martin Helmchen
Né à Berlin en 1982, Martin Helmchen s'impose sur le devant de la scène dès 2001 en gagnant le Premier prix du Concours Clara Haskil.
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Avec ce qu'il appelle lui-même sa « mini-résidence parisienne » constituée de 4 concerts à la Philharmonie (en concerto) et au Louvre (en musique de chambre), Martin Helmchen aura l'occasion de montrer au public français toute l'étendue de son talent.

La silhouette fine, le cheveu flou et le grain de peau transparent, il transporte avec lui l’image du héros romantique, ce Wanderer qui inspirait tant ces Schumann, Schubert ou Beethoven qui constituent le cœur du répertoire de Martin Helmchen. Cette errance néanmoins, le jeune homme qui, depuis son premier prix au Concours Clara Haskil en 2001, poursuit une carrière de soliste et de chambriste enviable, ne la connaît pas. À quelques jours de sa deuxième venue à la Philharmonie de Paris – qu’il considère comme l’une des plus belles salles du monde – le musicien explique avec enthousiasme pourquoi il est impatient de retrouver le jeune chef français Lionel Bringuier pour le Concerto pour piano de Schumann, qu’ils ont déjà eu l’occasion de jouer ensemble : « Contrairement à la plupart des autres concertos où vous avez votre propre espace de jeu et une certaine indépendance, c’est dans ce Concerto que le soliste est le plus dépendant de la vision du chef. Or avec Lionel, on s’est senti totalement en accord sur la façon de l’interpréter. On respirait ensemble, comme dans de la musique de chambre. »

Néanmoins, Martin Helmchen, qui sera cette fois accompagné par l’Orchestre de Paris, compte bien profiter de cette nouvelle opportunité pour remettre son interprétation sur le métier : « Ce concerto est spécial, je pourrais en parler des heures ! C’est sans doute l’œuvre que j’ai jouée le plus souvent et il continue de me surprendre. Et c’est sans commune mesure avec les autres pièces de mon répertoire… Je n’arrête pas de modifier mon jeu, même sur des choses très simples comme les tempi et je pense que ça ne cessera d’évoluer jusqu’à la fin de ma vie. Il ne faut pas oublier que le Concerto qu’on entend aujourd’hui, même dans les meilleurs enregistrements, est très différent de celui auquel Schumann pensait. C’est donc une longue recherche pour arriver à retrouver l’esprit originel de la pièce. Mon travail est de me rapprocher autant que possible de ce que le compositeur avait dans la tête. »

Après l’imposante Philharmonie, le cadre plus intime de l’Auditorium du Louvre accueillera le jeune homme pour deux concerts de musique de chambre, avec son épouse, la violoncelliste Marie-Elisabeth Hecker : « J’ai déjà joué trois fois au Louvre, et ce fut toujours avec elle ! Cela fait presque dix ans que l’on joue ensemble, mais je dois dire que ça ne change rien car dès notre toute première répétition, on avait déjà l’impression d’avoir joué ensemble depuis vingt ans ! Nous avons choisi en pièces maîtresses des œuvres de Brahms et Beethoven, car ils sont les piliers du répertoire pour violoncelle et piano et au cœur de notre répertoire en tant que chambristes. »

 

Albina Belabiod