Portraits - Vents

Julian Bliss jeunesse heureuse

Julian Bliss
© D.R. Né en 1989, Julian Bliss a créé sa propre gamme de clarinette (à destination des étudiants) pour la maison Leblanc.
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A 25 ans, le jeune clarinettiste britannique a déjà une solide carrière derrière lui. Ancien élève de Sabine Meyer, il s’illustre sur les scènes internationales depuis plus de dix ans. De son propre aveu, la patience n’est pas sa première vertu… et c’est tant mieux !

 

Oubliez l’image du musicien solitaire et torturé, Julian Bliss transpire le bien-être ! Alors qu’il s’apprête à poser ses valises à Paris le temps d’un concert au Théâtre des Champs-Élysées, le jeune homme ne manque pas de souligner son enthousiasme à l’idée de retrouver cette ville ; a fortiori avec une pièce qu’il connaît bien et qu’il aime – le concerto de Mozart qu’il joue en public depuis déjà une dizaine d’années et qu’il vient de graver au disque : « C’est le concerto pour clarinette le plus connu. Pour les solistes c’est un passage obligé. Mais moi je l’aime avant tout parce que c’est une pièce très bien écrite, très facile à écouter et très mélodique. L’équilibre entre les parties est excellent. Et surtout il y a quelques challenges pour l’interprète et c’est ce que j’adore. Maintenant que je l’ai enregistré une première fois, il faut que je continue à le jouer en public pour faire évoluer mon interprétation. »

Suivi par les médias depuis ses tout jeunes débuts, il est volontiers comparé par la presse britannique à ces footballeurs surdoués, adorés de l’Angleterre. Ainsi, à 5 ans il joue Gershwin à la télévision et à 13 ans, il est invité à Buckingham pour jouer lors du Jubilé de la Reine Elizabeth. Et pourtant le parcours du musicien n’était pas écrit; ses parents ne connaissent rien à la musique et ne poussent pas particulièrement le jeune garçon dans cette voie. Mais lorsqu’on évoque le mot « prodige » avec lui la réponse est sans appel : « On aime bien décrire les musiciens comme ça et c’est effectivement agréable à entendre, mais pour moi il s'agit avant tout de travail ».

Car si le talent est là très tôt, c’est grâce à son perfectionnement auprès de Sabine Meyer que s’est dessiné l’étoffe d’un grand soliste : « Je peux dire qu’elle m’a tout appris. Ou plutôt tout réappris, depuis les bases. C’était ma période d’apprentissage préférée. » Lui qui court désormais le monde pour donner des master-classes ne manque pas de transmettre également aux futurs solistes ce qu’il a appris : « Les conseils que je leur donne, c’est avant tout de prendre du plaisir, de s’exercer beaucoup en prêtant attention aux détails et puis aussi de se détendre. Quand vous jouez devant des gens c’est facile de devenir nerveux. Mais le meilleur jeu intervient quand on est détendu. »

Cet oiseau rare qui prétend ne jamais ressentir de trac avant de monter sur scène est aussi un touche à tout qui s’illustre dans le jazz et planifie d’élargir le répertoire de son instrument en collaborant avec des compositeurs actuels : « J’aime ce que je fais, donc je veux en faire le plus possible. Mais je n’ai pas l’impression d’avoir fait les choses trop tôt. De toute manière, vous pouvez toujours revenir en arrière dans le travail de musicien et rejouer les œuvres de vos débuts pour être encore meilleur. On ne cesse jamais d’apprendre en musique. »

Albina Belabiod