Portraits - Chef

Elena Schwarz l’étoile montante

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Elena Schwarz est en passe de devenir une figure importante de la vie musicale parisienne. Cet ancrage dans la capitale française s’effectue notamment à travers sa fidélité à l’Orchestre Pasdeloup, avec lequel elle a noué de solides relations.

Cette brillante trentenaire d’origine suisse-australienne parcourt le monde mais elle est devenue une fine observatrice de la vie musicale parisienne : « J’ai eu l’opportunité de diriger beaucoup d’orchestres parisiens mais aussi de vivre pendant presque 2 ans à Paris (ndlr : elle fut durant deux saisons, l’assistante de Mikko Franck au Philharmonique de Radio France). C’est important car je ne faisais pas que diriger, j’allais aussi aux concerts, je suivais l’opéra. J’estime que c’est une chance car j’ai entendu beaucoup de concerts et de représentations. J’ai aussi travaillé avec des ensembles et mené des activités liées à la musique contemporaine. Nous vivons une période où énormément de choses se passent et Paris offre un terrain très fertile  ». 

Son attachement à l’esprit collégial des Pasdeloup et à l’illustre tradition des Concerts Populaires portée par l’orchestre n’en est que plus significatif : « On ressent bien une implication particulière de certaines personnes dans l’orchestre, notamment Marianne Rivière, qui en est la présidente. Il y a une adhésion indiscutable, un soutien au type de fonctionnement de cet orchestre, qui demande un énorme engagement. C’est quelque chose d’assez rare et d’admirable ». De même pour le public des Pasdeloup qui a fait de la Philharmonie de Paris son nouveau foyer musical : « La Philharmonie a pu amener une espèce de panachage de différents styles, avec aussi de nombreuses activités pédagogiques. Pour un interprète, il s’agit d’un lieu très spécial car, par exemple, on n’est jamais seul quand on y répète. On y croise des collègues parce qu’il y a plusieurs concerts donnés en même temps, il y a aussi des visites d’écoles, les ateliers rencontrent beaucoup de succès, etc. Ce sont des passerelles qui sont assez uniques, je crois, ce dynamisme-là est très agréable et on le ressent aussi du côté du public. Si l’on veut faire une comparaison, je dirai que la Philharmonie est très similaire dans cette énergie et cette diversité au Walt Disney Hall de Los Angeles où j’ai passé beaucoup de temps, parce que j’ai été l’assistante de Gustavo Dudamel au LA Philharmonic. Mais pour être honnête, j’ai aussi vécu de formidables expériences avec le public du Théâtre des Champs-Élysées, qui est une salle pourtant plus traditionnelle ».

Ce refus des cloisonnements rejoint le répertoire d’Elena Schwarz : « J’ai cette chance de parcourir les différents genres, cela m’a toujours tenu à cœur. Je trouve que le programme qu’on propose en décembre avec Pasdeloup est assez clair dans ce sens. C’est le type de programme qui me plait énormément, avec l’Eroica de Beethoven, un chef-d’œuvre du répertoire que les gens vont venir peut-être en priorité écouter. Mais nous jouerons aussi une œuvre d’Elżbieta Sikora qui sera totalement inattendue pour le public et va mettre la guitare électrique au sein de l’orchestre. Elżbieta est une personnalité très marquante dont je trouve la musique extrêmement intéressante. Dans mon répertoire, il n’y a pas la musique contemporaine d’un côté et la musique symphonique de l’autre, mais la rencontre de toutes ces musiques, sans oublier le monde de l’opéra qui me passionne également. Ce type de croisement me nourrit en tant que musicienne. C’est un équilibre, et j’essaie de la maintenir ».

 Yutha Tep