Portraits - Chef

Esa-Pekka Salonen dirige l’Orchestre de Paris Le 13 février à 20h30 sur le site Philharmonie Live

Esa-Pekka Salonen dirige l’Orchestre de Paris Partager sur facebook

La crise sanitaire se répercute naturellement sur le calendrier des concerts. Les captations offrent toutefois des plaisirs à goûter sans mélange. Cette soirée Sibelius de l’Orchestre de Paris en est un exemple illustre, qui verra la formation parisienne vibrer sous la baguette du grand chef finlandais.

Comparé défavorablement à des contemporains aussi audacieux que Debussy ou Schönberg, Sibelius n’en affirme pas moins une personnalité saisissante et ses partitions orchestrales figurent, fermement et fort légitimement, dans le répertoire de toutes les grandes phalanges du monde.

Plus proche de la musique de scène de Fauré qu’à l’opéra de Debussy, Pelléas et Mélisande de Sibelius se réfère bien sûr à la pièce de Maeterlinck. On en entendra l’épilogue (Mort de Mélisande) dont la grandeur tragique ouvre la porte vers un lointain indicible dans le pianissimo impalpable de ses notes finales.

Typiques de l'art de Sibelius, ses deux dernières symphonies dissimulent des ombres inquiètes et des innovations insignes sous une écriture à la limpidité et au raffinement incomparables. Créée à Helsinki en 1923, la Symphonies n°6 conjugue magistralement beauté des couleurs, perfection des polyphonies (Sibelius admirait profondément les maîtres de la Renaissance) et élan mélodique, alors même que l’auditeur devine derrière cette façade diaphane des sentiments sombres pouvant éclater à tout moment. Quant à la Symphonie n° 7, qui voit le jour en 1924 à Stockholm, vaste coulée sonore d’un seul tenant, elle pourrait être considérer comme un poème symphonique si Sibelius n’avait tenu à la qualifier de symphonie. D’une complexité admirable (notamment rythmique), elle atteint des sommets expressifs que d’aucuns qualifient sans hésiter de spirituels.

Une grande soirée pour les amoureux de Sibelius et les admirateurs d’Esa-Pekka Salonen. Représentant maintenant légendaire de la grande école de direction finlandaise, le chef œuvre ici dans son arbre généalogique. On attend de lui un équilibre parfait entre le romantisme pudique de Jean Sibelius et les modernités trop souvent sous-estimées de sa science orchestrale.

 

Renseignements :

https://www.orchestredeparis.com/fr/concerts/3316/esa-pekka-salonen-sibelius

https://live.philharmoniedeparis.fr