Portraits - Voix

Jodie Devos Sourire musical

Jodie Devos
Jodie Devos s’est formée à Namur et à la Royal Academy of Music de Londres.
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Multipliant ses apparitions sur les plus grandes scènes du pays, Jodie Devos a conquis sa place dans le milieu lyrique francophone. Elle se produit ce mois-ci aux bouffes du nord et aux flâneries musicales de Reims pour un programme Offenbach qu’elle a enregistré avec le label Alpha Classics.

Lauréate du Concours musical international Reine Élisabeth de Belgique en chant en 2014, la soprano a su séduire le milieu musical avec sa voix colorature qui lui offre un répertoire bien spécifique : « On ne choisit pas sa voix et plus jeune j’aurais voulu être un soprano grand lyrique. Mon compositeur préféré est Puccini et malheureusement je n’aurai pas beaucoup l’occasion de le chanter. Par contre j’ai la grande chance de pouvoir interpréter des rôles mozartiens fabuleux. Ma tessiture offre un chemin de carrière très intéressant car je chante des rôles légers pour le moment mais la voix évolue et avec le temps je pourrai approcher des rôles un peu plus lyriques, notamment les rôles de bel canto italien. » Le disque Offenbach Colorature est également un répertoire idéal pour la jeune chanteuse : « Le programme a été élaboré avec le plus de variété possible. La palette de couleurs est large, avec de nombreux caractères différents pour essayer de montrer toutes les facettes d’Offenbach. Certains airs sont plus lyriques notamment dans Fantasio. Dans Orphée aux Enfers, nous n’avons pas choisi l’air avec les coloratures mais celui de la mort d’Eurydice qui est plus intimiste. » Ce qui frappe à la découverte de ce programme, c’est la présence d’airs peu connus conjointement à des grands classiques du répertoire. Mais ce choix n’est nullement étonnant quand on sait que le projet vient du Palazzetto Bru Zane : « J’ai entamé ma collaboration avec le Palazzetto Bru Zane il y a quelques années. Mon premier concert aux Bouffes du Nord avait eu lieu dans le cadre de leur festival. Leur travail de recherches pour mettre en avant des raretés est essentiel. Il y a des milliers de trésors qui restent à redécouvrir. L’idée du disque Offenbach est venue d’Alexandre Dratwicki. Il m’a apporté toute une liste d’airs qu’on pouvait envisager. Après avoir lu beaucoup de musique, nous avons choisi les morceaux qui nous semblaient les plus pertinents. On voulait pouvoir offrir au public de la nouveauté et quelques petits plaisirs coupables, comme la Barcarolle dont on ne se lasse jamais. » Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le répertoire de l’opérette et de l’opéra-comique est loin d’être plus simple à chanter que celui de l’opéra comme le rappelle la soprano belge : « Il faut beaucoup de clarté dans la diction. Sur une tessiture aussi haute que la mienne, ce n’est pas toujours simple. On doit absolument entendre le théâtre dans la voix, pour rendre le sourire qu’il y a dans cette musique, et le drame quand il y en a. Beaucoup de travail et d’imagination sont nécessaires. Parfois on a l’impression de proposer quelque chose de très théâtral et en écoutant l’enregistrement on se rend compte qu’on perd en bonne partie les intentions qu’on a données. Il faut donc exagérer, mais le danger est de nuire à la qualité de voix en allant dans l’extrême. Il faut trouver le bon équilibre. » Pour les concerts, Jodie Devos est entourée de l’Ensemble Contraste : « On a déjà donné plusieurs concerts ensemble, notamment en Belgique, à Venise et à Compiègne. La collaboration se passe très bien. Les musiciens ont une vraie théâtralité dans leur jeu et ils adorent le répertoire que nous allons donner. » Voilà des concerts plus que prometteurs par une chanteuse à suivre absolument !

Élise Guignard