Portraits - Voix

Lea Desandre Nouvelle étoile

Lea Desandre
Lea Desandre s’est formée en Italie auprès de Sara Mingardo.
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À seulement 25 ans, Lea Desandre a un parcours hors norme. Nommée révélation artiste lyrique aux victoires de la musique classique 2017, elle continue sa fulgurante ascension du milieu musical. On pourra l’entendre en mai à la philharmonie et au théâtre des Champs-Elysées.

La carrière de Lea Desandre a décollé en un temps record : « J’ai intégré le Jardin des Voix de William Christie à 20 ans, à la suite de quoi m’a été offert un rôle-titre à l’Opéra Comique : Alcione de Marin Marais. Il s’est passé beaucoup de choses dans ma vie en 5 ans ! » Être propulsé sur les plus grandes scènes lyriques françaises si jeune pourrait en effrayer plus d’un, mais la mezzo admet avec une grande humilité s’être sentie bien accueillie par le milieu : « Je crois que la jeunesse, bien que parfois insouciante et fougueuse, appelle à la bienveillance si elle manifeste l’envie d’apprendre, de s’adapter et de progresser. J’ai eu la chance de rencontrer des personnes qui ont su m’aiguiller et m’aider à vivre ma passion pour la musique. » La tête bien sur les épaules, Lea Desandre choisit ses rôles au cas par cas : « Pour l’instant, je me situe dans le répertoire de mezzo soprano léger colorature. Mais plus qu’à l’appellation d’une tessiture, je préfère me fier à l’écriture des rôles pour comprendre si mon instrument leur correspond. Catégoriser les voix me semble réducteur. » À la Philharmonie, Lea Desandre interprètera la Messe en si de Bach : « C’est une pièce qui nous vient d’une autre dimension. Tout y est divin, les chœurs notamment… J’ai vécu un choc lorsque je l’ai entendue pour la première fois. » La chanteuse y voit également un défi : « Le génie de Bach m’impressionne. Lorsqu’on nous confie un chef-d’œuvre, pour rien au monde on ne voudrait l’abîmer. Le compositeur traite la voix comme un instrument à part entière. Dans la Messe en si, mon air regorge de trilles et d’ornements. Il faut beaucoup de temps de travail pour rendre l’écriture naturelle. » Pour ce concert, Lea Desandre collabore une nouvelle fois avec Raphaël Pichon : « Raphaël est l’une de mes premières rencontres artistiques. Il travaille dans un grand soucis de précision et j’aime être modulable et façonnée par la vision du chef. Notre collaboration est très enrichissante. » Une autre date incontournable arrive ce mois de mai pour la chanteuse avec l’Orfeo au Théâtre des Champs-Élysées, codirigé par Emiliano Gonzalez-Toro et Thomas Dunford : « La musique de Monteverdi est picturale, je m’y sens élevée et transportée. Le rôle de la Messaggera que je chante est construit sur de la déclamation mise en peinture par l’harmonie, que l’on appelait le recitar cantando. J’ai baigné dans cette musique durant mes études auprès de Sara Mingardo et étant franco-italienne, cette musique a une résonance particulière pour moi. » Les années à venir sont pleines de promesses pour la mezzo qui espère bien élargir son répertoire : « Je suis ouverte à toutes les expériences musicales car elles s’enrichissent les unes les autres. J’aime chanter en français et en italien de par mes racines. Mon lien direct avec ces langues est un filtre en moins entre mon cœur et ma voix. Plusieurs de mes rêves sont en passe de se réaliser la saison prochaine avec notamment ma première Rosine, Chérubin ou encore Urbain. Mélisande est un autre de mes rêves ! Je fais tranquillement ma route et me prépare à chanter de longues années. Je travaille à entretenir ma passion, dans le calme. »

 

Elise Guignard