Alexandre Baldo, baryton-basse le 27 novembre, Salle Cortot
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Nous avons pu souligner, pour le premier disque de ces artistes consacré à Caldara, tout le bien que nous pensions d’Alexandre Baldo et de l’Ensemble Mozaïque. Ils viennent à la Salle Cortot pour présenter leur nouveau programme intitulé « Unusual Suspects ».
À vrai dire, le disque n’apparaîtra dans les rayons de nos disquaires qu’à la fin du mois de novembre et nous ne pouvons donc en dévoiler les joyaux souvent inédits : il est d’autant plus important d’assister à ce concert. Néanmoins, il relève de l’évidence que chanteurs et instrumentistes (placés sous la direction de la claveciniste Chloé de Guillebon) nous emporteront par un déferlement virtuose mais aussi d’émotions plus tendres. Dès l’époque baroque, comme le souligne ce programme, les voix graves étaient souvent associées à des « méchants », ou du moins des personnages graves et solennels (le Christ dans les passions de Bach constituant un contre-exemple parfait, il faut bien le reconnaître), mais leur rage était souvent mue par la déception amoureuse. Ainsi du Polyphemus händélien que l’on découvre ici dans une improbable version d’Acis and Galatea datant de 1736 dans lequel Händel insère une scène chantée en italien ! Au passage, nous découvrirons la musique de John Christopher Smith (1712-1795), compositeur mais aussi chef qui dirigea les oratorios de son glorieux aîné (lequel, à sa mort, lui légua ses claviers et maints manuscrits). Dans les airs de Caldara, Vivaldi ou Porpora, nous entendrons la vocalité italienne du XVIIIe siècle dans toute sa virtuosité débridée mais aussi son amour des belles lignes mélodiques. Rendons grâce à Alexandre Baldo et à l’Ensemble Mozaïque de nous faire découvrir ces pages étonnantes, lui avec son timbre opulent, sa virtuosité et son charisme sur scène, l’ensemble par sa vivacité et ses couleurs poétiques tout à fait à la hauteur de leur chanteur.