Portraits d'artistes - Clavecin

Chloé de Guillebon La relève

Chloé de Guillebon
Élève de Noelle Spieth et maintenant de Béatrice Martin, Chloé de Guillebon s'est illustrée en remportant les Concours de Pesaro et Vilnius.
Partager sur facebook

L'école française du clavecin fait montre d'une santé éclatante et les Jean Rondeau ou Justin Taylor n'en sont que les ambassadeurs les plus médiatisés. Fidèle à sa mission, l'association jeunes talents nous permet d'écouter Chloé de Guillebon, qui joue ici dans son "arbre généalogique".

Pour le concert de l'Hôtel de Soubise, la couleur sera française : « C'est la musique qui me passionne le plus, celle que je joue le plus souvent en concert. Je n'ai pas cherché de fil rouge particulier, j'ai simplement laissé parler mon envie de jouer des œuvres de plusieurs périodes présentant trois aspects de ce répertoire, avec Louis Couperin, François Couperin et Jean-Henri d'Anglebert ». S'agissant d'une musicienne formée en grande partie en Allemagne puis en Suisse, peut-on la qualifier de claveciniste française ? Approbation de notre artiste : « On peut le dire car j'ai étudié pendant toute ma jeunesse au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris, avec Noelle Spieth – c'est là que j'ai posé les bases de mon rapport à l'instrument – et je travaille actuellement avec Béatrice Martin. Mais j'ai ressenti le besoin de découvrir d'autres manières de jouer le clavecin, d'interpréter la musique. J'ai profité du programme Erasmus pour partir à Trossingen étudier auprès de Christine Schornsheim, interprète extraordinaire de Bach mais qui m'a donné des conseils précieux dans le répertoire français, et j'ai terminé mes études à la Schola Cantorum de Bâle où j'occupe maintenant un poste d'accompagnatrice ». Dans les faits, notre musicienne se produit abondamment à l'étranger, avec par exemple l'Ensemble Mosaïque établi à Salzbourg ou le Castello Consort installé aux Pays-Bas.

La liste des clavecinistes auprès desquels Chloé de Guillebon s'est perfectionnée est éloquente : Bertrand Cuiller, Benjamin Alard, Jean-Luc Ho, Aline Zylberjch ou Christophe Rousset. Toutefois, une rencontre s'est avérée déterminante : « J'ai fait une master class avec Ton Koopman à Paris et cela fut formidable. Je traversais alors une période de grand doute : je sortais du lycée et on se pose souvent beaucoup de questions dans ce genre de situation. Je suis sortie de ses cours définitivement convaincue que je faisais ce que j'avais envie de faire. Ton a réussi à faire surgir en moi des éléments musicaux que je cherchais depuis longtemps ». Soulignons que l'autre versant de son répertoire regarde vers les pays germaniques, notamment Johann Sebastian Bach dont elle est une interprète talentueuse et que nous espérons entendre très vite sous ses doigts à Paris.

L'autre casquette d'une claveciniste, c'est celle de continuiste, que Chloé de Guillebon aborde avec passion (« Il me semble difficile de choisir entre une carrière de soliste et celle de continuiste, les deux vont ensemble »). À laquelle elle a ajouté celle de chef d'ensemble, avec Le Concert de la Reine qui concentre ses activités sur les trésors inépuisales de la musique anglaise et française du xviie siècle : « La musique que nous donnons est magnifique et c'est toujours une grande joie de nous réunir. Je découvre le métier de chef d'ensemble, en termes d'organisation notamment, mais c'est passionnant. Ce que j'aime beaucoup, ce sont les recherches sur les répertoires certes mais aussi sur les instruments, par exemple les dessus de viole qui, en réalité, constituent une famille restant largement à découvrir sur le plan organologique ».

 

Yutha Tep