Dossiers - Contemporain

Quatuor Tana le goût du risque

Quatuor Tana
© Nicolas Draps Antoine Maisonhaute (violon), Maxime Désert (alto), Jeanne Maisonhaute (violoncelle) et Pieter Jansen (violon).
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En concert à l'auditorium du Louvre, le Quatuor Tana s'affirme comme le digne héritier des quatuors LaSalle, Loewenguth et plus près de nous, Diotima, par son attachement à la création contemporaine.

Le Quatuor Tana apporte un vent de fraîcheur au paysage du quatuor. Son fondateur et premier violon, Antoine Maisonhaute, est enthousiaste du dernier projet en date de la formation, un Quatuor Hybride avec micros et hautparleurs dans la caisse des instruments : « Nous, on adore ce genre d'expériences ! C'est une manière de vivre le quatuor de façon très contemporaine. On adore jouer Beethoven mais le quatuor n'est pas un petit bijou réservé aux spécialistes ! On peut y ajouter de l'électronique, faire des spectacles avec des comédiens ou des danseurs. Le quatuor à cordes n'est pas une forme figée ! »

Le Quatuor Tana bouscule donc les cadres habituels du concert. Un exemple ? Le Quatuor Tana est l'une des rares formations à jouer sur tablettes électroniques. La raison, loin de tout volontarisme, est des plus concrètes : « En réalité, nous devions jouer le quatuor de Raphaël Cendo pour un concert filmé et nous n'avions pas reçu à temps les partitions. Nous nous sommes vite affrontés à un cas de conscience. Depuis, nous nous sommes rendus compte que les partitions électroniques permettaient d'échanger plus rapidement avec les compositeurs ».

La raison d'être du Quatuor Tana se situe précisément dans ce contact avec les créateurs : « Le premier compositeur avec qui nous avons eu le plaisir de travailler fut Philippe Boesmans. Puis il y eut l'Académie du festival d'Aix-en-Provence en 2011 où nous avons eu la chance de rencontrer les compositeurs de musique dite « saturée » comme Yann Robin ou Raphaël Cendo. Pour tout vous avouer, nous avons fait les choses franchement. Nous avons acheté des instruments qui ne craignaient rien pour être sûrs de rendre toute l'intensité de cette musique. Cette saturation, quand elle est expliquée comme du grand répertoire, déclenche des enthousiasmes incroyables ! ».

L'étiquette de « quatuor spécialisé » effraie-t-elle notre violoniste ? « Ca ne me pose pas de problèmes sauf si on nous dit que nous sommes un quatuor uniquement dévoué au répertoire contemporain. On assume une tradition mais la tradition c'est aussi se mettre en danger, tout en étant capable de défendre Haydn et Debussy ». On vous invite à découvrir ce quatuor basé à Bruxelles (trois de ses membres sont pourtant français) à l'auditorium du Louvre. En lien avec l'exposition Vélasquez au Grand Palais, le quatuor offre un beau programme de musique espagnole, Turina, Arriaga, avec une création du compositeur catalan, Hèctor Parra inspirée par les Fileuses de Vélasquez.

Mais Antoine est formel : « Le public de l'auditorium du Louvre va être touché d'entendre des pièces qu'il connaît déjà, mais la pièce qui va le titiller et de laquelle il parlera le lendemain, ce sera la pièce contemporaine. Je vous assure, c'est ce qu'il se passe dans 99 % de nos concerts ! » Les paris sont ouverts !

Laurent Vilarem