Portraits d'artistes - Voix

Marie-Laure Garnier opéra et mélodies

Marie-Laure Garnier
Au Conservatoire de Paris, Marie-Laure Garnier a bénéficié de l’enseignement de Malcolm Walker.
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Déjà récompensée par de nombreux et prestigieux prix, la soprano guyanaise Marie-Laure Garnier est bien déterminée à mener des projets qui lui tiennent à cœur. Elle forme notamment le duo nitescence avec la pianiste Célia Oneto Bensaid, qui se produit à l’athénée ce mois-ci.

En juin 2021, Marie-Laure Garnier était nommée « Révélation des Victoires de la Musique classique » et le grand public découvrait une artiste lumineuse, à la voix impressionnante de soprano dramatique en devenir. Mais c’est par la musique instrumentale que la chanteuse est arrivée à la musique : « J’ai commencé par l’apprentissage des percussions traditionnelles. Ces percussions s’accompagnent de chants, ce qui m’a amenée à découvrir la voix. En arrivant à Paris à l’âge de 14 ans, mes professeurs m’ont suggéré de rentrer à la Maitrise de Paris. J’ai suivi leur conseil et trois ans après je suis rentrée au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en chant. Certaines académies m’ont permis de rencontrer des personnalités qui m’ont aidée à trouver mon identité d’artiste, comme Stéphane Degout, Véronique Gens, ou encore Anne le Bozec. » Aujourd’hui, la jeune artiste semble avoir déjà atteint une maturité artistique nourrie par des projets de longue haleine et un refus de se cantonner à un répertoire spécifique : « J’aime toucher à tout. Je me sens aussi bien dans un rôle d’opéra qu’en formation de chambre. Je fais partie du duo Nitescence avec la pianiste Célia Oneto Bensaid. Nous travaillons ensemble depuis 10 ans déjà, ce qui n’est pas si courant pour des artistes de notre âge. Nous nous sommes rencontrées au début de nos études et nous avons tout de suite compris que nous avions la même manière de travailler, avec rigueur et régularité, l’envie commune de découvrir un répertoire vaste et la même conception de la formation piano-voix. Souvent les chanteurs sont mis en avant et le pianiste est considéré uniquement comme un accompagnateur, mais dans notre duo les deux instruments sont à égalité. Tout notre travail s’est fait dans cette direction. Nous avons passé beaucoup de concours ensemble, nous avons été lauréates de Nadia et Lili Boulanger, du festival d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence… » À l’occasion de la sortie du premier disque du duo pour le label NoMadMusic, la soprano se produit à l’Athénée avec sa complice : « On propose un programme qui allie des mélodies françaises à des negros spirituals. On vient tout juste de l’enregistrer, et c’est un événement très important pour nous. C’est l’aboutissement de notre cheminement jusqu’ici. Toutes les pièces me tiennent à cœur, mais il y a un cycle qu’on voulait mettre à notre répertoire depuis très longtemps : les Poèmes pour Mi de Messiaen, un chef-d’œuvre parmi les chefs-d’œuvre. » Mais si l’album et le concert marquent le couronnement d’un riche travail, ils ne sont en réalité que le commencement de l’aventure pour Marie-Laure Garnier : « Dans les mois à venir, je serai avec Célia au festival d’Auvers-sur-Oise et je participerai aussi au festival Pablo Casals. Je chanterai bientôt Junon dans Platée de Rameau au Capitole de Toulouse et le Chœur féminin dans Le Viol de Lucrèce de Britten. Il y a plein de rôles que je rêve de faire dans ma carrière, comme les rôles wagnériens, mais dans un futur plus proche je me vois bien en Vitellia dans La Clemenza di Tito de Mozart. Ma voix va devenir plus dramatique avec le temps, mais pour l’instant je veux chanter avec l’instrument que j’ai aujourd’hui, sans précipiter les choses. »

 

Élise Guignard