Portraits d'artistes - Chef

Bestion de Camboulas Belles surprises

Bestion de Camboulas
Louis-Noël Bestion de Camboulas est lauréat de nombreux concours prestigieux, dont le concours « Xavier Darasse » de Toulouse en 2013.
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Claviériste mais aussi chef, Louis-Noël Bestion de Camboulas défend les répertoires baroques à la tête de son ensemble les surprises. Au Musée de l’Armée ils donneront les éléments, un opéra-ballet de Delalande et Destouches qui fut l’un de leurs projets fondateurs.

Attiré par le répertoire baroque français mais aussi par les musiques baroques italienne et allemande du xviie siècle, Louis-Noël Bestion de Camboulas a fondé l’ensemble Les Surprises lors de ses années d’études : « Je l’ai créé avec Juliette Guignard alors que nous étions étudiants au Conservatoire Supérieur de Lyon, et le noyau de l’ensemble est toujours composé des personnes que nous avons rencontrées à ce moment-là. Le département de musique ancienne amène les étudiants à faire un travail de recherches important sur des répertoires peu connus. La pratique de musique de chambre est aussi très centrale, ce qui crée des liens. Là-bas, on est comme une petite famille. Les Surprises de l’Amour de Rameau a été l’un des premiers projets de l’ensemble, d’où son nom. »

Ce premier projet serait suivi de plusieurs autres qui parachèveraient le travail de cohésion du groupe, comme l’enregistrement de l’opéra-ballet Les Éléments de Delalande et Destouches. Nous pourrons l'entendre au Musée de l'Armée : « Nous l'avons enregistré en 2016 avec le label Ambronay Editions, qui est le label du festival d’Ambronay. Ce fut l’un des premiers festivals de musique ancienne à nous soutenir. Les Éléments est une œuvre à laquelle je suis très attaché, par la qualité de sa musique d’abord, mais aussi parce ce qu'elle nous a soudés. Nous l'avons beaucoup jouée au moment de la sortie du CD, ce qui a permis de faire des recherches pour trouver notre son. Nous en jouons une version de salon, légèrement plus courte mais qui se tient encore au niveau dramaturgique. Il y a toujours beaucoup de diversité au niveau des couleurs instrumentales et vocales, en l’espace de peu de temps, qui correspondent bien je trouve aux différents éléments de la nature. » Cette variété des atmosphères a amené l’ensemble à travailler sur sa construction : « Il faut réussir à tenir l’auditeur en haleine, en travaillant les enchainements rythmiques pour ne pas laisser de creux, sauf si le creux est voulu. Il est important de trouver les différentes couleurs mais dans un flot ininterrompu. » Le chef précise aussi ses intentions dans son travail du répertoire baroque français : « Nous devons chercher un son assez plein et fourni, qui puisse porter ce type d’œuvre. Même la plus petite danse ne peut pas s’interpréter de manière trop légère, c’est une musique qui a besoin de poids, il faut qu’elle soit prenante. »

Pour les années à venir, il annonce de nouvelles perspectives : « Cette année nous allons travailler aussi sur du Mozart, et j’aimerais que nous explorions le contemporain. Nous pourrons éventuellement passer commande à des compositeurs, pour travailler sur des œuvres contemporaines en regard avec des œuvres baroques. »

Côté claviers, le musicien a également plusieurs projets en vue : « J’ai un projet d’enregistrement en cours sur Mozart avec le label Harmonia Mundi, en lien avec le Musée de la musique et leur collection d’instruments. Radio France m'avait aussi passé commande d’une transcription pour orgue de Henri Dutilleux. Je l'ai déjà jouée à l'Auditorium et j'aimerais la reprendre ».